Guillaume Keller reprend les clefs de l’Atelier de l’Alba (*Clé Minute), la cordonnerie multiservice de Carhaix. Et c’est auprès de Jean-Jacques Février, le créateur de la boutique qu’il découvre le métier.
L’Atelier d’Alba, la cordonnerie multiservice du 24, place du Champ-de-Foire à Carhaix cultive le sens de l’accueil et le goût du travail bien fait. On peut y déposer des chaussures abîmées, faire fabriquer des clefs, des plaques d’immatriculation et des petits articles de maroquinerie (pochettes, étuis à couteaux, etc) ou encore faire affûter ses outils.
Début septembre, Guillaume Keller a pris les commandes de cette institution locale. L’enfant du Pays – il a grandi à Carhaix et habite aujourd’hui Treffrin -, jusqu’alors cadre administratif à l’hôpital de Carhaix, y a vu l’opportunité de changer de vie, « J’ai toujours aimé le travail manuel, notamment du bois, du cuir et de l’acier.
Il y a quelques mois en cherchant sur internet des informations sur la cordonnerie, je suis tombé par hasard sur des articles de presse dans le quels Jean-Jacques Février, le patron de L’Atelier d’Alba (*Clé Minute) faisait part de son espoir de trouver un repreneur. De mon côté, depuis un moment je réfléchissais à une reconversion professionnelle. Nous avons échangé et il m’a alors proposé de venir observer sur place. Cela m’a plu et j’ai décidé de persévérer », explique Guillaume.
Transmission en douceur
Avant de concrétiser son projet, le trentenaire a passé de nombreuses matinées dans l’atelier pour apprendre les ficelles du métier auprès de Jean-Jacques Février, le dernier cordonnier du Poher. Et l’ancien maître des lieux sera encore à ses côtés trois matinées par semaine jusqu’à la fin de l’année. Travailler en binôme est une aubaine pour le nouveau cordonnier. « Non seulement parce que la clientèle voit la transmission s’opérer mais aussi parce que l’aide de Jean-Jacques est précieuse pour les cas difficiles, en particulier pour les clefs », précise-t-il.
Le futur retraité, qui avait ouvert L’Atelier d’Alba (*Clé Minute) le 2 janvier 1985, va donc continuer pendant encore quelques semaines à sublimer les chaussures qu’on lui apporte. Lui aussi apprécie cette transmission en douceur, « C’est important de ne pas arrêter brutalement », sourit Jean-Jacques, heureux de passer le flambeau. Soulagé, également, car on ne compte plus les cordonneries, qui, fautes de repreneur, ont dû baisser le rideau. « Les clients sont vraiment contents car plus qu’un commerce, c’est un service. Ils viennent de 30 km à la ronde. On parle de la pluie et du beau temps, de la vie ; on fait un peu de social », confie Jean-Jacques.
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